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Archive · 23 janvier 2014

Arnaque à l’africaine sur les petites annonces immobilières


Schéma classique d’une arnaque à l’africaine ou à l’ivoirienne, au choix, la petite annonce immobilière attire souvent ces escrocs.

Plus c’est gros, plus ça passe !

Un de nos lecteurs a été contacté par des escrocs du Bénin qui ont tenté de l’arnaquer.

Ils opèrent souvent avec des méthodes différentes, mais sont toujours situés EN AFRIQUE !

Alors quelle que soit la raison invoquée, ne traitez pas avec des interlocuteurs douteux, situés à des milliers de kilomètres, avec qui il sera impossible de trouver une solution en cas de litige ou d’arnaque…

Voici le message :

Bonjour,

Simple témoignage : Je suis un particulier de nationalité française, vivant en France. J’ai passé une annonce sur divers sites de vente immobilière pour proposer la vente de ma maison, située dans le sud de la France.

Du 12 octobre 2013 à mi-janvier 2014 (trois mois), j’ai été démarché via e-mail par une personne qui prétend vouloir m’acheter cette maison, sans l’avoir visitée, uniquement d’après les images vues sur internet, et sans autre forme de contact. Aucune visite d’un tiers. La personne se nommerait Mme Elisabeth Dejardin.

Je n’ai jamais été dupe de cette tentative d’escroquerie, et j’ai accepté de jouer le jeu pour voir jusqu’où pouvait aller cet arnaqueur. Je réponds donc à tous les e-mails de « Mme Dejardin ». Celle-ci a insisté pour que je lui donne l’adresse de mon notaire afin de lui envoyer une lettre d’engagement (en réalité, Madame n’a pas tenu compte de l’adresse du notaire et me l’a envoyée à moi-même par e-mail). Plus tard, « Mme Dejardin » me dit avoir donné des instructions à sa banque pour débloquer des fonds et me payer cash 10% du prix de vente de la maison, à titre de compromis de vente. « Mme Dejardin » déclare être bloquée en Afrique durant trois mois en raison de contraintes professionnelles. Elle craint que d’ici là, ma maison ne soit vendue. C’est pourquoi elle souhaite conclure les formalités préalables de réservation par e-mail et par courrier. Pour me mettre en confiance, cette « dame » m’a envoyé des photos de son travail : on y voit des exploitations minières de recherche d’or et de diamant, avec des ouvriers africains en activité. Elle m’a ensuite envoyé toujours par e-mail divers documents bidons (lettre d’engagement, état civil, attestation ministérielle…), a poussé la finesse jusqu’à me téléphoner (le timbre vocal était manifestement celui d’un homme prenant une voix de fausset : on aurait dit une grand-mère enrouée), et a fini par me mettre dans la confidence de ses affaires en m’envoyant la photo de son coffre plein de liasses de biftons, lequel se trouverait dans une banque à Paris ! Toutes ces photos sont évidemment puisées sur internet. « Mme Dejardin » est un (ou plusieurs) homme(s), qui opère(nt) depuis un cybercafé à Cotonou, selon l’adresse qu’elle m’a communiquée.

L’arnaque est grosse comme un éléphant : on finit, non sans imagination complexe, par me demander de procéder à un transfert d’argent d’urgence à l’attention d’un prétendu garçon courtier au Bénin, en vue de débloquer un contretemps bancaire…

« Mme Dejardin » ne s’est jamais douté de rien venant de ma part, et a cru jusqu’au bout pouvoir mener son arnaque à terme. J’ai finalement envoyé un courrier de papier, contenant un gros billet de Monopoly, à l’adresse du « courtier » que cette « dame » m’avait transmise :

Elisabeth Dejardin, C/165 avenue des Cocotiers, Cotonou tél. : 0022994331543

dont « courtier » : Sylvestre Zola, C/164 avenue des Cocotiers, Cotonou

Nous disposons donc d’un nom, de l’adresse et du téléphone de l’escroc. Durant tout ce temps, j’ai essayé d’entrer en contact avec la Direction centrale de la police judiciaire du Bénin, Sous-direction des affaires économiques et financières, où siège une Cellule de lutte contre la cybercriminalité. Pour cela, j’ai contacté le site gouvernemental du Bénin, mais il n’ont pas répondu. Je me suis adressé à l’ambassade de France puis à l’Institut français à Cotonou pour qu’on me mette en contact avec une police locale mais ils n’ont pas répondu ou ne donnent pas suite. J’ai contacté le consulat du Bénin à Paris, ils n’ont pas répondu.

En clair, tout est mis en oeuvre pour encourager ce type d’escroquerie, parce que la complaisance ou le désintérêt à les coincer rapporte également, sous forme de bakchich, à ceux qui ferment les yeux sur place, institutions occidentales comprises, et parce que la quantité de devises provenant de l’arnaque aux Français représente une véritable manne économique locale…

Toutes pièces en ma possession concernant cette tentative d’arnaque sont disponibles sur demande. Mes noms et coordonnées seront grisés sur les documents joints.

Cordialement, Stéphan

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